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Publié le : 12 décembre 2005
Le maire de Rennes et la préfète de Bretagne se renvoient la balle
Rave annulée : polémique après les heurts

Poubelles incendiées, voitures endommagées, 45 jeunes en garde à vue : Rennes s’est réveillée, dimanche, avec une méchante gueule de bois. La manifestation contre l’interdiction de la « rave », en marge des Trans Musicales, a tourné à l’affrontement. La préfète et le maire se renvoient la balle. La première cannette de bière lancée contre un policier aura servi d’étincelle. Samedi, vers 16 h, un demi-millier de « teufeurs » sont rassemblés devant la préfecture de Région, à Rennes. « On veut un terrain ! » Ils reprochent à la préfète, Bernadette Malgorn, d’avoir annulé, au dernier moment, la rave-party prévue sur un terrain proposé par le maire, Edmond Hervé...

Une nuit de saccages et d’affrontements plus tard, la représentante de l’État se justifiera : « Il n’était pas raisonnable d’accueillir jusqu’à 30 000 raveurs sur un site qui ne présentait pas les garanties de sécurité. Si la rave avait été autorisée, on aurait pu connaître une situation aussi explosive, samedi, à Rennes. » Ce que dément le maire PS de Rennes, Edmond Hervé : « Le terrain était parfaitement acceptable. Suite à cette interdiction, la responsabilité de l’État peut être engagée dans les incidents qui ont eu lieu. » Le contentieux entre la préfecture et la mairie s’alourdit encore... La ville n’en est pas à sa première nuit chaude. Mais ce week-end a représenté un solide concentré des problèmes.

Grenades contre cannettes

Retour à samedi. Rejoints par le « Collectif contre les violences policières », les partisans de la rave livrent une « guérilla » qui dure de 16 h à 1 h 30, dimanche. Pour protéger le Parlement de Bretagne - qui a déjà « donné », avec l’incendie de 1994 - et, plus généralement, les Rennais qui font leurs courses au marché de Noël, les forces de l’ordre repoussent puis attirent les manifestants vers deux rues voisines. Cannettes de bière par centaines et quelques pavés d’un côté, grenades lacrymogènes par dizaines de l’autre. Une dizaine de vitrines sont brisées, autant de voitures endommagées. On déplore deux abribus cassés. Les pompiers éteignent de nombreux feux de poubelles...

Les commerçants des deux rues sont furieux : « Qui compensera les dégâts, les vols dans les vitrines et le manque à gagner de cette journée · », questionne Philippe Magrin, président du Carré rennais.

Un festival sans incident

L’accalmie, observée entre 1 h 30 et 5 h, ne dure pas. Après les abords du Parlement, les raveurs et les quelques casseurs se replient sur le site historique Sainte-Anne-Saint-Michel. C’est le quartier de la « teuf » où, le jeudi soir, à la fermeture des bars, on a pris l’habitude de taper sur des poubelles et de boire jusqu’à ce que, parfois, la police charge... Un autre sujet de polémiques entre mairie et préfecture.

Ce dimanche, au petit matin, les raveurs sont donc rejoints par les fêtards... Concert de poubelles. Policiers et gendarmes attendent 6 h pour déloger les 150 irréductibles. Ils y vont au canon à eau, engin dont l’utilisation avait choqué, l’an dernier.

À 7 h, tout est fini. Deux blessés légers chez les forces de l’ordre. Quarante-cinq jeunes en garde à vue ; dix-huit d’entre eux devraient être jugés en comparution immédiate, aujourd’hui ou demain, devant le tribunal correctionnel. Une vingtaine de jeunes ont été évacués par les pompiers, « pour alcoolisations massives et hypothermies » : il faisait - 3°.

Le pire, c’est que ces heurts font plaisir à ceux qui voudraient la peau des Trans Musicales. Ce week-end, la 27e édition de festival a attiré 28 000 spectateurs, au Parc-expo de Bruz, à l’extérieur de la ville. Sans le moindre incident. « Les Trans sont prises dans un affrontement qui n’a jamais été notre combat, déplore Béatrice Macé, directrice du festival. En tant qu’unique grand festival d’hiver, nous servons de caisse de résonance ».

Michel TANNEAU.


Personnellement, la musique techno : une sorte d’abomination, une horreur sonore que je ne souhaite pas à mes ennemis. Ceci dit je comprends mal ce conflit ! Ce genre musical constitue -t-il un délit ?

Peut-on imaginer dans notre pays "d’expression artistique" qu’il serait interdit d’empêcher certains rassemblements ? Pour quelles raisons ? Si il s’agit de produits illicites y circulant, je présume que la police fait son travail.

Est-ce un bras de fer politique entre le maire de Rennes et Madame la Préfète ?

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Fabio

Cet article vous a été proposé par : fabio



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